Africa 2.0

Le Blog de l’Afrique innovante, volontaire et positive

L’entrepreneur Social

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Voici un texte que j’ai retrouver dans un de mes disques durs ce matin. Je ne sais plus ou est ce que je l’ai publié mais comme dit Kans ici c’est mon blog alors je fais ce que je veux. Bonne lecture.

L’entrepreneuriat social est un concept dont l’idée est d’utiliser les forces du marché pour rendre le monde meilleur, de créer des entreprises lucratives dont l’activité économique a été conçue de manière à résoudre une problématique sociale voire humanitaire. Faire de l’entreprise un outil pour changer le monde. C’est tentant n’est ce pas, non ?

L’exemple le plus connu est celui des entreprises de microcrédit, à l’image de la Grameen Bank de Mohamed Yunus, pionnier en la matière depuis les années 1970. Aujourd’hui, l’entreprenariat social est bien loin de se limiter aux activités bancaires en milieu rural mais touche tous les secteurs économiques, de la santé aux télécommunications en passant par l’énergie et le traitement de l’eau.

Le principe économique de base qui permet ce genre d’activités semble être celui des innovations de rupture visant des non-consommateurs. Sur un marché donné, il y a des barrières à l’entrée pour les consommateurs : le produit est trop compliqué à consommer, le prix d’entrée de gamme est trop élevé pour le pouvoir d’achat, etc. Un innovateur introduit un nouveau produit qui lève cette barrière à l’entrée. Il propose par exemple une offre “à bas coût” qui repose par exemple sur une forte informatisation des processus administratifs sous-jacents.

Ce faisant, il permet à des (ex-) non-consommateurs d’accéder à ce marché. Il élargit donc considérablement celui-ci et vient concurrencer “par le bas” les sociétés déjà établies sur ce marché. Celles-ci rechignent souvent à lutter contre cette nouvelle concurrence car elles se font plus de marge sur le haut de gamme. Ce faisant, elles laissent se développer l’innovateur sans s’en préoccuper. Pourtant, c’est bien souvent ce genre d’innovation qui peut ensuite conquérir l’ensemble du marché en question. Elle accule alors les offreurs classiques dans un haut de gamme dont la qualité dépasse déjà largement les attentes du marché alors que le produit innovant a progressé au point d’être “suffisamment bon” pour la plus grosse part de ce marché (”le mieux est l’ennemi du bien”).

Plus simplement, il s’agirait de vendre à des pauvres des petits pois à l’unité plutôt qu’en boîte de 1 kg. Il y a un peu de ça. Et il est vrai qu’un livre de référence sur le sujet s’intitule “The Fortune at the Bottom of the Pyramid“. L’idée est que notre société est une pyramide à la base de laquelle vit une très large masse de personnes n’ayant qu’un pouvoir d’achat extrêmement faible mais dont la masse totale représente une source de revenus non négligeable pour les entreprises.

Alors, que faut-il penser de cela ? S’agit-il :

  • d’un alibi cynique pour une nouvelle forme de consommation de masse ?
  • d’un concept “à l’américaine” qui n’a pas de validité ailleurs ?
  • d’une forme d’entreprenariat réservée aux pays du Tiers Monde ?
  • d’un phénomène économique récurrent que l’on veut faire passer pour une révolution de nos sociétés ?
  • d’un non-phénomène capturé par des journalistes en mal d’effet de mode ?
  • d’une nouvelle manière de profiter de la pauvreté sous couvert d’œuvre caritative ?
  • d’un levier capitaliste pour changer le monde (en mieux) là où les utopies politiques ont échoué ?

Il y a sans doute un peu de tout cela, mais un peu seulement.

De notre point de vue, il s’agit d’un phénomène économique connu mais qui prend un caractère nouveau lorsqu’il atteint des populations extrêmement nombreuses et extrêmement pauvres. Ce phénomène est alors exploité par des pionniers humanistes qui profitent des forces du marché pour satisfaire leurs idéaux de changement social (ce qui me semble une chose extrêmement bonne !).

Bref, ce que j’en retiens, c’est que celui qui veut rendre le monde meilleur dispose d’un moyen efficace pour le faire : innover “par le bas” et entreprendre pour vendre à bas coût des produits et services aux plus pauvres qui n’y avaient jusque là pas accès.

Et chez nous en Afrique ? Le premier constat est que l’entreprenariat social sera rentable car nous avons assez de pauvres. Mais il y’a un très grand retard au niveau entrepreneurial qui fait que en Afrique au lieu de créer une entreprise on crée plutôt des ONG qui font le travail des entreprises

Secteurs à explorer :

  • agriculture biologique
  • services à la personne (crèches, numéro vert pour enfant défavorisé)
  • architecture écologique
  • NTIC
  • Télécoms
  • Capital risque pour entrepreneurs sociaux
  • Etc.

Quelques sites a visiter :

http://www.80hommes.com/index.html

http://www.changemakers.net/library/temp/fortunepyramid.cfm

http://www.avise.org/

http://www.ashoka.asso.fr/

http://www.schwabfound.org/

Texte largement inspiré de AkaSig

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Written by africa2point0

juin 20, 2007 à 8:06

Publié dans Uncategorized

2 Réponses

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  1. lol Blog toi ta chose comme tu veux! 😉

    Tu y vois un mix, mais je pense que c’est surtout du 4 (d’un non-phénomène capturé par des journalistes en mal d’effet de mode ).
    J’ai un exemple: Au lendemain des dévaluations, beaucoup de camerounais ont eu du mal, beaucoup de mal. Dans les marchés, les gens achetaient les lessives en doses de 25FCFA, tu sais, la lessive bleue (ELEPHANT) du Nigeria qui abondait dans les marché.

    Alors oui, c’est une adaptation « extremement bonne » de l’économie au contexte social.
    A un moment donné, quand le consommateur ne peut plus s’offrir le produit dont il a besoin, dans la granularité proposée, il est absolument nécessaire qu’on redéfinisse les conditions de vente, et qu’on lui permette de satisfaire au plus juste à son besoin.

    Tu remarqueras aussi d’ailleurs, qu’en général, cette forme de commerce, cesse aussi souvent d’etre macro, pour déscendre à une échelle micro, et génère une forme d’activité qui masque un peu le chomage.

    Vive l’entrepreunariat social!

    Kans

    juin 20, 2007 at 8:46

  2. Pour avoir la référence exacte de l’article d’origine:
    http://www.akasig.org/2006/01/09/que-penser-de-lentreprenariat-social/
    Longue vie à l’entrepreunariat social!

    Sig

    juillet 11, 2007 at 1:56


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